Face à l’enjeu du climat, les entreprises d’ingénierie devront répondre à court terme à des problématiques de recrutement, de transformation des compétences des salariés et d’adaptation de l’appareil de formation avertit une étude de l’Opiiec.

Article de Défi Métiers du 22-04-2022

Energie bas carbone, mobilités sobres, décarbonation de l’industrie ou construction bas carbone : la lutte contre le changement climatique, couplée à un basculement à venir d’adaptation à ce changement climatique, crée de nouveaux besoins auxquels participent les entreprises de l’ingénierie. Les conséquences de ces phénomènes sur les métiers et les compétences de la branche ont été analysés par l’OPIIEC (Observatoire des métiers du numérique, de l’ingénierie, du conseil et de l’évènement) dans une étude prospective dévoilée le 19 avril.

Nouveaux besoins en compétences

Actuellement, environ 15 % des effectifs de l’ingénierie, soit 42 000 équivalents temps plein (ETP) interviennent sur des missions en faveur de la limitation ou de l’adaptation au changement climatique. L’étude de l’Opiiec projette une augmentation très importante des besoins, d’environ 8 400 ETP supplémentaires – notamment dans le segment de l’énergie bas carbone -, pour la période 2021-2025.

Or, les diplômés de la formation initiale pourront, au maximum, couvrir 30% du besoin en recrutements à 5 ans avertit l’Observatoire. « Le flux de recrutements nécessaires n’est pas compatible avec les méthodes classiques de recrutement. Il nécessitera forcément une combinaison de solutions de recrutement, de mobilités entre projets et de formation afin de répondre à la demande », décrit l’étude.  

Cet aspect quantitatif ne doit pas non plus « masquer un phénomène encore plus important de transformation des métiers existants ». Le changement climatique ne devrait pas entraîner la création de nouveaux métiers. Il renforcera en revanche fortement l’hybridation des compétences. Des besoins accrus devraient apparaître, par exemple, en analyse du cycle de vie, compétences paysagères, ou encore en collecte et traitement des données massives.

Feuille de route

Face à ces transformations, « les entreprises de la branche doivent prendre en compte plusieurs dimensions d’enjeux de fond, d’opportunités et de contraintes pour bâtir leur stratégie de montée en compétences pour les personnes intervenant sur les enjeux climatiques » analyse l’Opiiec. Parmi ces enjeux, l’observatoire liste notamment la nécessité de renforcer les compétences en sciences humaines, de privilégier les formats d’apprentissage de terrain et long, ou de valoriser les doubles ou triples compétences.

Pour répondre à ces enjeux, l’Opiiec fait une série de propositions, structurées autour de six actions principales :

  • décliner un référentiel de compétences climat pour les entreprises de la branche ;
  • développer des certifications « créateurs de changement pour le climat » ;
  • apporter du contenu de formation et certification numérique ;
  • développer le tutorat climat ;
  • développer l’Afest climat ;
  • intensifier l’alternance sur des profils très larges.

Consulter l’étude de l’Opiiec.

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